| Sables
bitumineux

Les sables bitumineux: c’est quoi ?
Il s’agit de bitume très visqueux aggloméré
à du schiste et du sable, à partir duquel on
produit du pétrole. Ces sables bitumineux sont exploités
dans des mines à ciel ouvert ou dans des gisements
souterrains. Ils peuvent être extraits à l’aide
de pelles mécaniques et de camions géants. Mais
souvent il faut forer, chauffer le bitume en injectant de
la vapeur et des solvants en profondeur, puis mélanger
le sable extrait avec de l’eau chaude pour le rendre
moins visqueux . Enfin, il faut le faire décanter pour
en extraire le pétrole. C'est donc un processus aussi
complexe que coûteux.
Actuellement, les plus vastes réserves de sables bitumineux
exploitables se trouvent en Alberta (au Canada), au Venezuela
et à Madagascar.
Une catastrophe écologique
Au Canada, plus de 3 000 km2 de forêts ont déjà
été détruits pour produire ce pétrole.
Des rivières sont détournées et polluées
pour fournir les énormes quantités d’eau
nécessaires à l'extraction et à l'exploitation.
Les mines à ciel ouvert ont créé d’immenses
lacs de déchets miniers. Des quantités colossales
de gaz et de carburant sont nécessaires. Au final,
les émissions de gaz à effet de serre sont énormes.
La production d'un baril de pétrole issu des sables
bitumineux est trois à cinq fois plus émettrice
de gaz à effet de serre qu'un baril de pétrole
conventionnel.
Ce n'est pas seulement l'environnement qui est détruit,
c'est aussi la santé humaine qui est menacée.
La présence de substances chimiques toxiques ou de
métaux lourds dans les lacs et les rivières
autour des sites d'exploitation compromet la qualité
de l’eau potable, de même que la santé
des animaux qui boivent cette eau et des poissons qui y vivent.
Quand les humains consomment ces animaux ou ces poissons,
ils ingèrent en même temps les substances chimiques
que ceux-ci ont consommées.
Le double langage de Total
Total s'offre des campagnes de publicité pour «
verdir » son image et mettre en avant ses investissements
dans les énergies renouvelables. Le montant de ces
investissements s'élève en réalité
à 250 millions d'euros d'ici 2010. Total investit bien
plus dans les sables bitumineux : 2,5 milliards de dollars
à l'heure qu'il est, 20 milliards dans les vingt à
venir. L'environnement n'est en aucun cas une priorité
pour Total. La compagnie préfère mettre son
argent dans le pétrole le plus sale et le plus cher
de la planète.
Greenpeace dénonce ce crime environnemental et demande
aux pouvoirs politiques de bannir les pétroles non
conventionnels comme les sables bitumineux et de réduire
nos émissions de gaz à effet de serre !
Rapport
bitume et biocarbone - faits saillants
Quelle est la nouveauté dans ce rapport ?
Pour
une première fois, le rapport intitulé Bitume
et Biocarbone fournit des estimations des émissions
de gaz à effet de serre issues d’une perturbation
du territoire pour l'exploitation de bitume en Alberta, tant
pour les mines à ciel ouvert que pour les sites d'extraction
in situ. Le rapport fournit aussi des estimations du contenu
en carbone des tourbières et des écosystèmes
de forêt naturels qui sont détruits pour exploiter
les sables bitumineux.
Avec une attention spéciale sur les tourbières,
le rapport fournit de nouvelles données sur :
• La superficie des écosystèmes naturels
détruits;
• Le contenu en carbone de ces écosystèmes
naturels;
• Les émissions de GES dues à la déforestation;
• La perte du potentiel de séquestration de carbone
;
• Les limites des tourbières pour continuer à
agir comme un puits de carbone.
Quelles sont les données clés du rapport ?
1. La comptabilité actuelle des émissions de
GES issues de l’exploitation des sables bitumineux est
incomplète. Si les gouvernements et l'industrie ajoutaient
les émissions de GES reliés à la déforestation,
il s’en suivrait une augmentation substantielle de GES.
Cette information est cependant nécessaire dans un
contexte de comptabilisation des GES, au niveau local et international
2. Les écosystèmes naturels qui ont subi ou
peuvent subir un changement d'utilisation du territoire dans
les mines à ciel ouvert font 488,968 ha (en incluant
209,614 ha de tourbières et 205,590 ha de forêts).
Le contenu en carbone biologique dans le sol et dans les plantes/arbres
de cette région est d’au moins 140.7 mégatonnes.
3. Les écosystèmes naturels qui ont subi ou
peuvent subir un changement d'utilisation du territoire dans
les sites d’exploitation in situ font 1,124,919 ha.
Le contenu en carbone biologique dans le sol et dans les plantes/arbres
de cette région est d’au moins 438.2 mégatonnes.
4. Le rapport met en lumière différents scénarios
des émissions de GES potentielles dues à la
libération du carbone stocké dans ces écosystèmes
naturels.
a. Scénario « catastrophe » Si tout le
carbone contenu dans les écosystèmes (578.9
mégatonnes) était émis dans l'atmosphère
à cause des activités industrielles, les émissions
de GES s'élèveraient à 2,124.5 mégatonnes
de CO2.
• En 100 ans, cela ferait des émissions moyennes
de 21,2 mégatonnes de CO2 par an.
b. Scénario « réaliste » Une estimation
plus probable des émissions sous un scénario
de développement complet des sables bitumineux serait
de 239.3 mégatonnes de carbone biologique, ou de 873.4
mégatonnes de CO2. Cela représente 41.1 % du
carbone total contenu dans la région perturbé
par les opérations industrielles.
• En 100 ans, cela ferait des émissions moyennes
de 8,7 mégatonnes de CO2 par an.
Existe-t-il des analyses de cycle de vie complètes
quant aux émissions GES dues à l’exploitation
des sables bitumineux?
Présentement, il n'existe pas d’analyse de cycle
de vie complète des émissions de GES pour les
opérations de sables bitumineuses. L’analyse
de cycle de vie complète des impacts environnementaux
de l’exploitation des sables bitumineux est fort complexe
et encore peu étudiée.
Comment l'industrie pétrolière et les gouvernements
minimisent-ils les émissions de GES?
En omettant d’inclure les émissions reliées
à la conversion de la forêt boréale (dégradation
des écosystèmes naturels et des tourbières),
l'extraction de gaz naturel utilisé pour traiter le
bitume et un grand nombre d'autres activités émettant
des GES, les analyses du gouvernement et des industriels minimisent
l’intensité des émissions de GES issues
de la production du pétrole de l’Alberta.
Les émissions de GES rapportés par les pétrolières
dans les années 2004 et 2007 varient de 28,5 mégatonnes
à 35,8 mégatonnes. La majorité de ces
émissions – 60 à 85 % - viennent de la
combustion du produit fini (combustion du pétrole pour
le transport). Ces analyses ne tiennent pas compte des émissions
reliées à la déforestation, à
l'exploration et à l’utilisation de gaz naturel
dans le traitement du bitume, au transport des ouvriers, à
la construction d'équipement et à la fabrication
et la disposition d’équipement lourd.
Pourquoi est-il important d'inclure les émissions de
GES reliées à la déforestation ?
La superficie totale des écosystèmes naturels
déjà détruits ou qui seront détruits
par les mines et les exploitations in situ dans les sables
bitumineux représente 1 613 877 hectares (ha) d’écosystèmes
boréaux. C’est 20 fois la taille de la ville
de Calgary. Ces écosystèmes contiennent de grandes
quantités de carbone (578.9 mégatonnes).
Qu’est-ce que le carbone biologique ?
Le carbone biologique est le carbone contenu dans les plantes
vivantes, les plantes mortes et dans le sol des écosystèmes
naturels. Les émissions de CO2 causées par la
déforestation proviennent de la libération de
ce carbone biologique lors de la construction des mines à
ciel ouvert, de la construction de routes et de pipelines.
Pourquoi les écosystèmes forestiers
sont-ils si importants pour stocker le carbone ?
Les écosystèmes terrestres contiennent environ
trois fois plus de carbone que ce que l’on retrouve
dans l’atmosphère. Les forêts tropicales
et boréales en retiennent la plus grande partie. Selon
les scientifiques, le maintien des réservoirs de carbone
existants est parmi les plus hautes priorités dans
les efforts pour la lutte aux changements climatiques.
Pourquoi les tourbières conservent-elles encore
plus de carbone ?
Environ 24 % de la forêt boréale dans le monde
est occupée par des tourbières. Celles-ci contiennent
une grande quantité de carbone atmosphérique
séquestré, environ 455 Pg (455,000 mégatonnes)
ou le tiers du carbone contenu dans de sol du monde entier.
Les tourbières jouent un double rôle dans la
lutte aux changements climatiques. Elles séquestrent
le carbone de l’atmosphère (puits de carbone)
et l’emmagasinent (stock de carbone). Au cours des 10
000 dernières années, les tourbières
ont permis de supprimer une quantité importante de
CO2 de l’atmosphère. Les tourbières de
l’ouest du Canada ont historiquement séquestré
du carbone au taux de 19.4 g/m2/year. La destruction de seulement
5% des tourbières où l’on extrait les
sables bitumineux entraînerait la perte de l’effet
de puits de carbone de ces tourbières.
Les tourbières peuvent-elles être restaurées
pour continuer à séquestrer du carbone ?
Actuellement, le gouvernement de l’Alberta ne fait aucun
effort pour la remise en état des tourbières.
Il est par ailleurs peu probable que la restauration éventuelle
de ces écosystèmes ne parvienne à remplacer
le carbone qui avait préalablement été
séquestré pendant des milliers d’années.
Si ces tourbières n’avaient pas été
perturbées ou détruites, elles auraient pu continuer
à séquestrer 311.8 kt de carbone annuellement.
Quelles sont les émissions annuelles de GES
du Canada par rapport à la cible de Kyoto ?
En 2007, le total des émissions de GES déclaré
au Canada était de 747 mégatonnes, toutes sources
confondues. On s’attend à ce que les émissions
issues de l’exploitation des sables bitumineux augmentent
d’environ 36 mégatonnes en 2007, pour atteindre
jusqu’à 140 mégatonnes d’ici 2020.
Ces données ne tiennent pas compte des émissions
issues de la perturbation de la forêt boréale
en Alberta. Le Canada a signé le protocole de Kyoto
en 2002 et s’est engagé à réduire
ses émissions à 558,4 mégatonnes d’ici
2012.
Quelle est la méthodologie utilisée dans ce
rapport ?
GFWC a estimé la superficie d'écosystème
naturel perturbé par l'exploitation des sables bitumineux
(mine à ciel ouvert et exploitation in situ) pour les
opérations existantes et pour les opérations
futures. De ces estimations, ils ont calculé le volume
de carbone biologique contenu dans ces écosystèmes
et le potentiel d’émissions de CO2 qui s’en
suit. Leurs estimations sont comparables avec celles faites
par l'Initiative boréale canadienne/Canards illimitée.
GFWC a aussi comparé leurs données avec le modèle
GHGenius 3.13 de Ressources naturelles Canada utilisé
par les pétrolières Suncor et Syncrude dans
leurs rapports annuels.
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